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Paroles d'Istomiens Que ce soit à notre arrivée à l'école (au Havre ou à Cergy), durant nos études, lors de nos premiers stages outre-mer, ou bien, diplôme en poche, au cours de nos différentes expériences professionnelles, nous avons tous vécu des moments forts, rares, inoubliables, incongrus, bizarroïdes, cocasses, tropicaux, tragiques, uniques... bref des moments istomiens. Alors partagez votre vécu avec la communauté, sortez votre plus belle plume (ou clavier), retrouvez vos photos, et envoyez-nous l'ensemble à 100ans@istom.net : nous les publierons dans cette rubrique. Nouvelles contributions ! Merci à :
Marc PASTOR (P92) On a décidé en amphi, sûrement très inspirés par l’un des cours du programme, de se faire un petit rallye Paris-Sahara tous les quatre, c’est-à-dire Gaëlle, Etienne, Marc et Pierre de la 92ème. C’est ainsi qu’on partit cette fin de Février 2004, en séchant stratégiquement quelques jours de cours pour le Grand Sud. Notre première étape fut Bordeaux, la seconde Valladolid, dans une famille espagnole dans laquelle l’un d’entre nous avait fait son stage. Le jour suivant nous arrivâmes à Algésiras et on traversa le Détroit de Gibraltar. Après avoir traversé un Atlas enneigé, on arriva à Midelt, petite ville des hauts plateaux et enfin le Sahara s’offrit à nous d’abord par son désert de pierres noires puis blanches et ensuite par les dunes de sables majestueuses de Merzouga où nous passâmes une nuit à la belle étoile.
Pour rentrer, on suivit la côte Atlantique en passant par Casablanca, hébergés par une famille amie de l’un d’entre nous. Nous rentrâmes sains et saufs à Paris en ayant miraculeusement échappé aux contrôles de présence qui pourtant sévissaient à cette époque…
Morgane VERBE (P92)
Etienne DUCORPS (P92)
Odyssée Africaine : France Burkina en 2 CV
Un jour du mois de Mars 2004, nous apprenons nos « affectations » pour les orientations spécialisées. Et pourquoi ne pas nous rendre au Burkina Faso par voie de terre ? Le pari est pris, nous serons quatre à relier Ouagadougou en 2 CV…
Début décembre 2004, nous sommes encore tous en stage aux quatre coins du monde. A notre arrivée en France, le compte à rebours est lancé ; le départ est prévu le 20 décembre 2004, de Montpellier pour la 2 CV et de Bordeaux pour l’Acadiane. En moins d’une semaine les derniers préparatifs sont bouclés, le temps d’entrevoir la famille, nous voilà lancés sur les routes de France et de Navarre, en direction du Grand Sud !Après quelques péripéties ubuesques qui vaudront une journée de retard à l’équipage Montpelliérain, la rencontre a lieu à Ocana le mardi 21 décembre au soir, petit village madrilène fort sympathique qui sera le siège de notre première étape mécanique. Bougies nettoyées, vidanges effectuées, boulons serrés et coffres réaménagés, nous repartons le mercredi soir pour une longue étape et un contre la montre qui ne nous laissera aucun répit. Nous venons en effet de faire un constat inquiétant, il nous faut être à Casablanca le vendredi matin avant midi pour obtenir nos visas Mauritaniens. Après 20 heures de route et seulement 2 heures de sommeil, nous arrivons jeudi soir à Algéciras, juste à temps pour prendre un café et le dernier Ferry. Nous savourons nos trois heures de sommeil intercontinental sur les bien agréables banquettes en skaï de notre navire.
Maroc, ou la course contre la montre…
La douane passée, l’asphalte défile à nouveau sous les roues de nos montures et nous gagnons enfin Casablanca exténués. Après quelques acrobaties administratives, nous finissons par obtenir le précieux sésame qui nous permettra de passer en République Islamique de Mauritanie ; nous sommes le 24 décembre. Non contents d’avoir déjà engloutis près de 1100 kms depuis notre dernière vraie étape en Espagne, nous repartons vers Essaouira où nous nous accordons notre première longue nuit, chez l’habitant. Le jour de Noël sera l’occasion d’un repos bien mérité. Flâner dans les rues, se délecter des fraîches sardines des restaurateurs du port d’Essaouira, profiter des bienfaits d’un Hammam plus qu’indispensable…Notre journée est bien remplie. Nous faisons cependant quelques kilomètres en fin d’après-midi pour ne pas perdre notre avance si chèrement payée. Nous installons notre bivouac peu avant Agadir.Les 4 jours qui précèdent notre entrée en territoire Mauritanien sont pour nous l’occasion de faire nos premières armes avec le désert. La longue route goudronnée qui relie Agadir à la frontière ne cessera pas d’éblouir nos yeux émerveillés ; nous faisons nos premières rencontres avec les dromadaires, les vents de sable et les mécaniciens marocains, qui nous poseront des plaques de protection de carter moteur et de réservoir. Au cours de notre dernière nuit passée au Maroc, nous rencontrons notre guide, qui nous mènera, avec deux autres voitures, jusqu’à Nouakchott.
Mauritanie : le Sahara, ça ira !
Nous quittons le Maroc, et commençons à parcourir un No Man’s land de près de 5 kms. Premier hors piste pour les pilotes peu expérimentés que nous sommes, mais tout se passe bien. La zone entre le poste frontière Marocain et Mauritanien est le fief des contrebandiers et des passeurs de voitures volées, ce qui n’a l’air de déranger personne. En vue du poste frontière Mauritanien, la vaillante Acadiane toussote, crachote, hoquette et finit par venir mourir en douceur au pied des douaniers Maures intrigués par nos drôles de mécaniques. Qu’à cela ne tienne, nous mettons pour la première fois les doigts dans le moteur depuis notre départ et après une bonne demi-heure de bricolage et un réglage de vis platinées, nous entendons à nouveau le doux ronronnement du bicylindre. Nouveau départ, en direction de Nouakchott, avec pour objectif d’utiliser la toute nouvelle RN3, sensée rallier la capitale. Seulement, après quelques kilomètres de goudron flambant neuf, nous découvrons avec plaisir la fin de la route. Fiers de pouvoir tester pour la première fois nos talents de pilote, nous nous élançons allègrement à la suite de notre guide au travers des premiers sables mous du Sahara, un peu à la Mad Max. Cela ne ratera pas, 1, 2, 3 ensablements, sur 4 voitures… Toute une équipe de bras et de mollets nous sortira d’affaire. Nos prétentions rangées au fin fond du coffre, nous repartons dans les sables sahariens et vers de nouveaux enlisements.
Arrivés à 1 heure du matin le 30 décembre à Nouakchott, nous nous effondrons sous la tente targuie de l’auberge du Sahara, pour profiter d’un repos tant attendu.
En ce premier jour de l’année 2005, nous empruntons la fameuse route de l’espoir, qui relie Nouakchott à Néma, à l’Est du pays. Nous suivons un itinéraire classique emprunté par les voyageurs se rendant au Mali. C’est à la recherche d’un bivouac au milieu de dunes Sahariennes que nous crevons pour la première… et dernière fois ! Cette portion du voyage nous réservera des paysages magnifiques, des déserts de sable aux déserts de pierre.
C’est tout à fait par hasard que nous retrouverons à Ayoun el Atrouss un couple de français rencontré à Nouakchott et qui se rendait également au Mali. Le convoi citroëniste composé des deux 2 CV et d’un C35 anciennement camion de pompiers, puis bétaillère à ânes et maintenant improvisé en camping car, s’ébranle pour une dernière nuit en territoire Mauritanien.
On fait moins les Maliens…
Le 04 janvier au matin, nous franchissons avec peine la frontière malienne. Nous avons bien défendu notre porte-monnaie face à la police Mauritanienne qui prétendait nous taxer d’une soi-disant redevance pour « travail supplémentaire effectué par les services de police ». Prétendez que vous n’avez plus d’argent et que vous retirerez à la ville suivante qui se trouve à plus de 100 km ; ça marche presque à tous les coups et ils vous laissent partir. L’Acadiane a encore fait des siennes devant nos amis fonctionnaires et nous avons dû à nouveau remonter nos manches pour régler les fameuses vis platinées.
![]() Après les interminables tracasseries administratives à Nioro du Sahel en territoire malien, les trois Citroën s’attaquent aux premières pistes rouges et latéritiques du Nord du Mali. S’ensuit alors une course-poursuite effrénée entre les deux 2 CV ! L’incroyable stabilité de nos véhicules nous rend confiants et les creux et les bosses sont avalés sans ressentir une seule secousse. Notre folle échappée ne durera malheureusement pas ; au détour d’un champ de bosses, les vitesses de l’Acadiane sont de plus en plus difficiles à passer. On s’arrête, on diagnostique, et le constat est là : le châssis est en train de plier. Il nous reste plus de 430 kms avant d’atteindre la capitale. Nous mettrons près de 40 heures à rejoindre Bamako et trouver le premier mécanicien capable de nous dépanner. La mauvaise piste aggravant le cas de la voiture, la colonne de direction nous reste entre les mains. C’est avec une réparation de fortune que nous parcourons les derniers kilomètres de piste, à une allure moyenne de 15 km/h. Heureusement, nous trouvons enfin le goudron et les mauvais traitements prennent fin.
Les mécaniciens maliens ont fait le maximum pour nous dépanner dans la journée pendant que nous prenons assurances et visas puis profitons d’un décrassage salutaire à notre hôtel! Il nous reste trois jours pour atteindre Ouaga et nous ne comptons pas traîner, en prévision d’autres surprises. Bien nous en a pris car après 100 kms de route, le châssis présente de nouveau des signes de faiblesse. Nous adoptons alors une allure raisonnable qui permet de rejoindre Ouaga sans autres difficultés particulières.C’est le dimanche 9 janvier, après 20 jours de voyage, plus de 7 000km parcourus, 5 frontières traversées et 4 douches, que nous atteignons notre but : Ouagadougou.
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Etienne Ducorps, Fabien Bastide, Pauline Emerit et Alexandre Dubois
92ème Promo
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